[Expo] ‘White Noise’, les peintures pop de Séraphine Pick

A l’occasion de l’exposition White Noise au Dowse Art Museum (Lower Hutt), revenons sur la carrière de l’une des peintres contemporaines les plus en vue en Nouvelle-Zélande, Séraphine Pick.

'Superstar' - 2015
‘Superstar’ – 2015

Ouverte depuis fin juin, White Noise célèbre l’art récent et les tout derniers travaux de la peintre Séraphine Pick. Exposée au Dowse Art Museum à Lower Hutt (Wellington), vous pouvez la visiter en entrée libre jusqu’au 17 janvier 2016.

Tout d’abord, faisons une bref présentation de l’artiste du jour. Née en 1964 dans le Northland, Séraphine Pick est désormais l’une des artistes néo-zélandaises les plus reconnues de sa génération. Après une licence des beaux-arts de peinture obtenue en 1988 à l’université de Canterbury, elle poursuit avec un diplôme dans l’enseignement au Christchurch College of Education. Avec d’autres diplômés de son école d’art, dont Shane Cotton et Bill Hammond, Pick prend part au Pencilcase Painters, un groupe de jeunes artistes dans le style évoque le gribouillages d’ado désoeuvrés.
Puis Pick obtient rapidement l’opportunité de participer à deux résidences (Olivia Spencer Award en 1994 et Rita Angus Artist Residency en 1995) ce qui entrainera son abandon de ses études dans l’enseignement pour se concentrer pleinement à la peinture.
Suite à un voyage en Europe, le style de Pick change radicalement comme elle le soulignera dans une interview accordée cette année au website kiwi Stuff cette année, elle ne se limite pas à un seul genre mais continue d’évoluer et d’explorer tous les aspects de la peinture.
En 2009, elle se voit proposer de créer les illustrations pour Through The Door, livre de l’auteure de Wellington Jo Randerson, avant de, trois ans plus tard, peindre ce qui servira de support au générique d’ouverture de la mini-série de la BBC, Top of the Lake, produite par Jane Campion (Le Piano).
Sur ses vingt-ans de carrière, Pick tire ses sources d’inspiration de magazines de culture pop, mais aussi des peintures allant de la pré-Renaissance à l’art naif ou bien utilise des objets d’enfance comme des bottes rouges, des robes de soirée, des masques en papier. Cela nous insite d’ailleurs à penser qu’il pourrait s’agir là d’un travail autobiographique mais dans une autre interview accordée en 2009, Pick explique que ses travaux ne sont pas autobiographiques comme beaucoup de critiques auraient tendance à l’écrire, mais qu’elle “choisit des images parce qu'(elle) les aiment, pas pour le sens qu’elles pourraient avoir.”

'Torn up Phrases' - 2011
‘Torn up Phrases’ – 2011

Désormais basée sur Wellington, Séraphine Pick multiplie les expositions à travers la Nouvelle-Zélande depuis le début de sa carrière. Elle est aujourd’hui exposée au Dowse Art Museum de Lower Hutt, aux portes de Wellington.

Selon le critique James Dignan, on retrouve dans les oeuvres tardives de Pick beaucoup de noirceur faisant ainsi l’écho des travaux de Bosh ou Goya. En effet, il y a un côté fantomatique qui ressort dans les tableaux présentés au Dowse. Cependant l’on peut aussi identifier un côté Frida Kahlo ou encore Matisse dans sa façon de travailler la couleur.  Couleurs qui, par leur éclat incroyable, piègent le visiteur par leur aspect très lumineux au premier abord avant de nous plonger rapidement vers un côté plus ténébreux. Pick joue avec également avec un certain érotisme naïf.
Dans ses travaux les plus récents, l’artiste utilise internet comme source majeure d’inspiration comme elle l’avait notamment fait pour ses oeuvres exposées à la Michael Lett Gallery en 2013 où elle avait créée des peintures à partir d’images d’adolescents saoûls trouvées à travers le web. C’est dans ce même principe qu’elle a peint les tableaux montrés aujourd’hui au Dowse Art museum.

'Everything Old is New Again' - 2011
‘Everything Old is New Again’ – 2011

 

Touchant à des sujets très contemporains mais qui sont et seront intemporels dans l’histoire de l’art, Pick remet en cause une vision éthérée qu’on aurait d’une réalité distordue par le flux d’images présentes internet. White Noise est un arrêt sur images de la vie quotidienne et la culture pop, entre rêves, mémoires et réalités inconscientes.

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Jusqu’au 17 janvier 2016 au The Dowse Art Museum – Lower Hutt. Entrée gratuite.

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